J'ai été invité au petit déjeuner délivrabilité organisée par Cabestan ce mardi 28 mars 2017 au siège de LaPoste.net, animé par BadSender et qui réunissait (de gauche à droite) :

  • Ariane JOURNIAC, responsable délivrabilité chez Cabestan,
  • Alain DOUSTALET, Abuse desk team manager at Orange,
  • Emmanuel VISSE : Cellule Anti-Abus & Délivrabilité – Laposte.net,
  • Stéphane DECAMP  : responsable Anti-Abuse chez Vade Retro Technology.

Atelier délivrabilité

Ambiance plutôt joyeuse et conviviale juste avant le lancement de la conférence au siège de laposte.net


Je vous propose de partager une synthèse des règles actuelles de gestion de la délivrabilité sur ces 2 opérateurs de messagerie français.

Sur Orange :

Le filtrage des campagnes sur Orange se fait notamment (mais pas seulement) sur l'utilisation du bouton spam, plus précisément "traiter comme indésirable"

Webmail orange

Les métriques de filtrage sont les suivantes :

  • le taux de plainte acceptable est de 1% (clic sur le lien proscrire l'expéditeur) par campagne,
  • le volume maximum de plainte est de 3000 plaintes par campagne. Quand 3000 clients d'Orange cliquent dans le Webmail sur le bouton "proscrire l'expéditeur", cela correspond à 24 000 clients insatisfaits.

Sur les envois de newsletter de "bonne qualité", le taux de plainte moyen est de 0,2% et peut monter à 0,3% en cas de problème. C'est ce qu'on peut appeler le brut de fond de l'utilisation de ce bouton, qui correspond notamment à son usage pour se désabonner. Il reste donc 0,8%  de marge 😉

En acquisition les taux de plaintes constatés sont proches de 0,5 à 0,6% (donc loin des 1%) pour les bonnes campagnes. On peut donc router de l'acquisition sur Orange en dessous de ces taux et ces routages existent bien confirment Orange.

En cas de problème important de spam, Orange peut bloquer la marque émettrice (l'annonceur) sur l'ensemble du domaine et cela peut impacter tous les emails de la marque.

Sur la certification ReturnPath, quelques points de clarification sur les relations entre les 2 entités :

  • Au niveau du filtrage, la certification n'a aucun impact
  • La certification permet toutefois d'augmenter le nombre de connexions simultanées de 3 à 10,
  • Enfin il existe un flux qui remonte les expéditeurs bloqués par'Orange vers ReturnPath (CF annonce du 18 janvier 2015) . Il permet notamment de traiter les expéditeurs certifiés, mais qui seraient bloqués par Orange (ce qui est très rare, mais cela est déjà arrivé)

Au total la cellule délivrabilité d'Orange, c'est 6 personnes et en moyenne 4 heures par jour contre le Spam au total.

A noté qu'Orange traite des clients et non des utilisateurs (comme laposte.net) et "Un client mécontent qui ne reçoit pas un email attendu est pire qu'un client qui reçoit un Spam et qui n'est pas content" affirme Orange. Cette relation est une très forte différence avec les Webmails américains (sans parler de la gestion des données personnelles)

Pour laposte.net

La mise en place de la FBL (boucle de rétroaction sur le bouton "Courrier indésirable") a fait baisser le taux d'utilisateur du bouton spam. Celui-ci a perdu 0,5%  et qui est donc passé de 1,7% (en 2015) à 1,2% de messages signalés par les utilisateurs.

Webmail laposte

Sur les normes d'authentification :

  • Pour les messages signés Spf  avec l’option « strict », Laposte.net refuse tout message qui n'est pas émis par d'autres IP que celles déclarées dans le SPF .
  • La page postmaster donne de nombreuses informations techniques sur l'interprétation des retours SMTP et les éventuels blocages de l'adresse IP.
  • DMARC sera mis en service dans un mois pour les messages entrants. Bonne nouvelle !

Laposte.net n'a pas voulu donner de seuil sur le taux limite ou volume de plaintes maximum malgré l'insistance de BadSender qui animait le début. Un secret donc bien gardé (?).

Toutefois en 2016, Laposte avait donné quelques chiffres précieux lors de l'EmDay2016 à Strasbourg. Ceux-ci pourraient bien être mis à jour pour l'EmDay2017 les 31 mai et 1er juin

65 % des emails sont bloqués au niveau du SMTP (contre 95% chez Orange – chiffre 2017 d'ailleurs en baisse de 2% par rapport à 2016)

Poste1

Sur ces 35%, 67% arrivent en boite de réception

Psote2

 

Et sur la boite de réception, 70% sont des messages publicitaires

Psote3

Enfin Laposte.net utilise la classification de Vadesecure pour catégoriser les emails et notamment les emails commerciaux et aussi propose un lien de désabonnement à côté du courrier indésirable (gestion de la norme List-Unsubscribe par VadeRetro).

Laposte.net2

 

Un bouton a été mis en place pour supprimer l'affichage de tous les emails commerciaux.

Depuis sa mise en place 25% des utilisateurs ont déjà utilisé au moins une fois cette option. Lors d'un récent comptage Laposte.net a noté que 10% des utilisateurs avaient activé cette option ..

Sélection webmail

Pas de prise en compte de la certification de ReturnPath.

Vade Retro avec Vade Secure

Le filtrage sur contenu est de plus en plus faible sur Vadesecure a précisé S Decamp (moins de 10% d'impact). Elle s'effectue sur une réputation  sur notamment (liste non exhaustive):

  • Un gros réseau de spamtrap. Vaderetro a rejoint le programme Global Trap Exchange en plus de ses propres réseaux de SpamTrap,
  • Une réputation sur les Ip et domaines,
  • Une réputation sur les images (taille notamment), les numéros de téléphone,
  • Pas de jugement liée au contenu même de l'email (sauf pour lee Phishing)

Le filtrage se fait notamment sur

  • Les données présentes dans le Header
  • La présence d'un lien de désabonnement (obligatoire),
  • L'absence éventuelle du contenu texte dans un format multi-part,
  • La présence de d'adresse IP en clair dans les liens,

VadeRetro précise qu'en cas de problème avec une base gérée en double optin, la gestion sera plus indulgente (tout en contrôlant la véracité du double optin !).

Enfin dernière précision donnée par S Decamp, VadeSecure ne prend pas en compte la certification ReturnPath dans son processus de filtrage.

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